On
a peut-être un peu perdu de vue le spectacle que Johnny
Hallyday a donné à Bercy en 1992. Deux raisons à cela. Ce
rendez-vous a sans doute été un peu éclipsé par celui,
cent fois plus médiatisé, de 1993 au Parc des Princes...
Et puis, sa tonalité en mineur, son ambiance de petit matin
froid après les rudes heures de la nuit l'ont rangé à sa
place, un moment d'émotion fugace... La guitare fait mal,
est noircie par l'apport mélancolique du jeu du blues man
Luther Allison
Ce côté aube pâle, lassitude des corps et engourdissement
des esprits, Bercy 92 l'illustre par le texte désabusé de
ça ne change pas un homme et, plus encore, par la tonalité
blues à laquelle le spectacle revient sans arrêt : Pour
moi tu es la seule, La guitare fait mal, True To You... Au
fil du spectacle, le public est amené à découvrir
quelques jolies surprises. Comme ce morphing projeté
au-dessus du chanteur, et qui pétrit son visage, toutes
époques confondues, pendant l'interprétation de ça ne
change pas un homme. On notera aussi le retour en grâce de
Pour moi tu es la seule, chanson sixties, signée par Johnny
"Guitar" Watson, le créateur de Cuttin ln, la
V.O. de Excuse-moi partenaire. Cette chanson, il fallait se
lever de bonne heure pour l'avoir déjà entendue sur scène
(Olympia et tournée 1965).La tonalité grave du show est
réaffirmée par le final (avant medley rock'n'roll), puisé
dans Vie, un disque de 1970 : Poème sur la 7ème. De
Tennessee Williams en Diego, de Tien An Men en Septième
symphonie de Beethoven, le spectacle, on le voit, est à
préoccupation éthique, pour ne pas dire politique. À
Bercy, en 1992, on parle droits de l'Homme, de sauvegarde de
la planète...
Michel
Berger est mort brutalement durant l'été.
Peut-être, d'ailleurs, faut-il chercher dans cette
disparition l'origine de ce spleen persistant qui colle à
ces dix-huit représentations. Comme d'habitude, Johnny est
plutôt inabordable au moment où il met en place sa
rentrée à Bercy. "J'ai passé un été pourri",
lache-t-iI, sans sourire. Les morts successives de Mort
Shuman et de Michel Berger ont laissé des traces...
Il
a interprété :
Intro
Voyage au pays des vivants
Rock'n'roll attitude
Ca ne change pas un homme
Pour moi tu es la seule
Quelque chose de Tennessee
Hey Joe
Tien an Men
Je veux te graver dans ma vie
La guitare fait mal
La musique que j'aime
Diego
True To You
Dégage
Que je t'aime
Gabrielle (ou Tout donné)
Derrière l'amour
L'envie
Le bon temps du rock'n'roll
Je te promets
Poème sur la 7 ème
Blue suede shoes
Be bop a lula
Whole lotta shakin'
Ils
l'ont accompagné :
Guitares : Norbert Krief
Thibault Abrial
Basse : Jannick Top
Batterie : Yves Sanna
Claviers : Thierry Tamain
Michel Amsellem
Cuivres : Bruno Ribeira
Serqe Roux
Jacques Bessot
Eric Glausserand
Alex Perdigon
Percussions : François Constantin
Guitare : Luther Allison (pour « La guitare fait mal »)
Choeurs : Erick Bamy
Carolyn Jones
Zeita Massiah
Mila Lumbroso
Direction musicale :
Jannick Top
Johnny
interprète avec sa choriste "True To You"
"J'ai
besoin de faire en scène ce que j'aimerais voir faire par
les autres. Oui, Bercy, ça me fait peur. J'ai commencé par
roder mes chansons dans une salle près de Bastille. On me
verra sur scène en Harley."
Mais ce que l'équipe technique retient le
plus de la première visite de Johnny à Bercy, celle qui
fout les chocottes à tout le monde, celle où il déclare
"J'achète" ou, au contraire, "Ça
va pas", c'est le moment où il s'est montré
satisfait... "sauf qu'il faut me construire une
rampe d'accès à la scène depuis les coulisses. Pour mon
arrivée en Harley". Lors de la première non
officielle, le lundi 14 septembre, pour un concert privé
devant un public choisi, le personnel avait des cernes assez
marqués sous les yeux. Il avait fallu passer les journées
(et les nuits ?) précédentes à tout démonter pour
installer l'accès moto.
Le
billet
Celui
de la Dernière
Le
bon de commande de places (Recto)
Le
bon de commande de places (Verso)
Le
pass
Le
collector vynil souple "RESTE ICI" adaptation de
"STAND BY ME" qui accompagnait le programme