Johnny en tournée.

- Palais des Sports -
Le 15 juin 2006

Partition de légende au PDS ! 24000 mercis Johnny !

Arc-bouté sur son micro dans une débauche de sons rugueux et rock'n'rolliens, flot tumultueux se mêlant à sa voix époustouflante de force, de sincérité et d'émotions, à l'image de la frappe lourde, essentielle d'un « batteur » animé par sa folie salutaire et régénératrice, Johnny est en train de nous conter une des plus belles pages de sa légende.
Oser écrire des mots impudiques, passer des nuits à se dire que Flashback transpire le chef d'oeuvre.
Aboutissement parfait de cette histoire partagée, et dont les racines vont chercher au plus profond du sentiment, nous faisant voyager vers des contrées lointaines et proches à la fois, celles de nos vies, mélangeant comme jamais, le présent et le passé tout simplement.
Oui se confronter à la magie toujours renouvelée de ses concerts, en sortir une nouvelle fois sonné, et se délecter comme lors de ce, déjà mémorable 15 Juin 2006, de la certitude de ne plus « chercher les anges », car sur notre chemin, ce soir là nous l'avions rencontré !
De « l'envie », toujours là depuis les débuts, jusqu'à « La quête » « confessions » des plus intimes, il réussit ce prodige, d'aller au bout et au delà, de ce qui est vocalement et humainement possible. Nous faisant d'ailleurs au passage, les larmes des fans en témoignent, ce don majeur de tout son être, à travers cette voix surgie de ce décor sobre et baroque, encadré par deux diables, qui seuls pouvaient supporter une telle
dose de passion et de puissance !
- Première partie dantesque ! Tout simplement Hallydéenne ! Lui seul et personne d'autre, je dis bien personne d'autre !
Pour l'avoir vu tant et plus, depuis la fin des années 60, je me rends compte que ces premières chansons constituent un téléscopage incroyable de ce qu 'il a fait de mieux ,et il nous l' offre.
Personne ne s'y trompe dans la salle. J'ai l'estomac noué, c'est à la limite de la rupture car comment encaisser cette énergie qu'il nous balance sans retenue ? « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ». Cette chanson prend tout son sens. Elle fait ressurgir au coin de la partition, les plus belles images de ce chemin d'antan et d'aujourd'hui, parsemé de notes, perles noires et blanches. J'en étais malade, pas le temps de récupérer !!!!
« La paix », maelström étourdissant sur scène. « Ma gueule », « Hey Joe » (Oui je l'ai vu aussi, ce duo improbable entamé entre 2 fans comblés dans la salle, quel moment fort !).
Au fur et à mesure du concert, l'impression se transforme en certitude, ce Palais des Sports s'inscrit au firmament de ses concerts !
- La seconde partie acoustique, devient le réceptacle de cette floraison que le futur célèbrera !
Avec « Les portes du pénitencier », il nous offre une version magnifique, au dépouillement musical d'une étrange beauté, l'accompagnement lancinant des guitares semblait nous dire : « oui cette voix, tu ne rêves pas, si la perfection est atteinte, c'est aujourd'hui ! ».
Et si certains d'entre nous (peu), ont quelquefois pris des chemins de traverse, ceux des doutes cruels ou compulsifs, ce n'était que pour mieux revenir sur des terres plus mâtinées de rock, emportés par son enthousiasme inoxydable.
Il faut voir ces regards émerveillés, cette complicité de toujours et ce public conquis, chaviré de bonheur et n'étant pas avare d'ovations. Celles-ci étant autant de farandoles autour du feu essentiel !
- l'intermède « Pround Mary » chanté par la redoutable et somptueuse Amy Keys, une des deux choristes de cette formation resserrée avec pertinence marque le début de la troisième partie.
Celle-ci commence avec nos deux « tambours redoutables », « voyageurs « au pays des vivants » ». Quel feu d'artifice !
La rythmique est infernale, « je ne recommencerai JA----MAIS ! », les musicos se régalent, comment pourrait-il en être autrement ?
Johnny nous laisse pantois et chaque standing ovation est l'occasion d'une preuve d'amour réciproque !
Ce concert s'annonce d'ores et déjà comme une cuvée d'exception...... Il se poursuit sans concession. Une tempête est sur scène. Johnny nous gratifie d'un « Carole » au son épuré revenant aux sources !
M Kassar, je fais amende honorable, votre plaisir évident derrière le piano, n'a d'égal que votre maîtrise musicale.
Le PDS est debout, en fête, comme aux plus grands jours ! Les ruelles de mon enfance sourient.
J'étais déjà là en 1976 et je peux dire que personne n'a à rougir de la comparaison. D'ailleurs nous n'en avons que plus de mérite, car me semble-t-il, nous avons quelques années de plus (si peu......). Le regard de tous ces aficionados, aux cheveux souvent blanchis par la vie, ne laissait pas de place à l'équivoque, nous étions bel et bien là, vivants et ne concédant rien au temps qui passe ! Rien !..... Même pas la nostalgie car devant nous l'exceptionnel était au rendez vous.
« Gabrielle » illustra cette communion et je dois vous faire une confidence, malgré notre grande pratique de la « gestuelle », comme tout le PDS, je n'avais qu 'une hâte, joindre une nouvelle fois mes 2 mains « enchaînées ». Rarement le peuple Hallydéen ne prit autant de
plaisir !
Chaque instant de ces concerts est une page d'anthologie et en extraire tel ou tel morceau, est presque une insulte au bon sens.
Nous avons droit à la totale. De cette façon de tenir le pied du micro, à ses poses suggestives, en passant par ce regard mélange d'acier et de félinité. La salle est parcourue de frissons, et lorsqu' arrive cette chanson « Si tu pars », je ne peux m'empêcher de penser avec émotion aux absents..... Ce soir c'est sûr ils nous entendent !........
La fin du concert approche. Après s'être offert pendant deux heures au PDS renversé de bonheur, comme un dernier cri venu des entrailles , « La quête » nous laissa orphelins.
Je cherchais le réconfort, la confirmation de ce qui venait de se passer auprès de tous les amis nombreux, auprès de tous ceux qui étaient là, à l'évidence la foudre s'était abattue sur nous tous.
Difficile de sortir. Sur ce trottoir de fin de concert, j'essaye de refaire surface. La presse et la télé, avides de clichés, tendent les micros, les marchands du temple sont toujours là et les phares des voitures achèvent d'éteindre les couleurs chatoyantes de ce décor improbable et efficace ! Pendant deux heures, il nous a transporté ailleurs comme lui seul sait le faire.
M HALLYDAY ,vous êtes un géant !!!!!!!!
Sur ce macadam, je songe à ce blues qui m' a tant bouleversé tout à l'heure. Si un jour le diable veut bien avoir pitié de nous, passants hébétés, d'un PDS définitivement mythique, alors c'est ce cri somptueux et rauque « Seul au beau milieu d'un lac », qu'il entendra et il nous pardonnera....
Merci du plus profond du coeur Johnny et dans cette nuit qui n'en finit plus, je pense à mon plus beau concert, le prochain bien sûr, n'est-ce pas ?
Tchao viva ?

Laurent.