Dans
"La Nouvelle République" du lundi 6 novembre 2006
:
Un
Johnny royal hier à Tours
Johnny
Hallyday a été un peu plus de deux heures sur scène,
devant 9.500 personnes, le maximum autorisé au Grand Hall
à Rochepinard.
Au
milieu de la foule des fans, Alain Rousselet, de Monts, la
banane gominée et qui a quitté ses lunettes noires pour la
photo…
A
son public : “ Vous chantez bien ! ”
“
Le jour où il va mourir ce sera un deuil national ! ”
Sacré
Johnny. Fidèle à sa carrière, à sa légende. Sur scène,
il apparaît dans un décor digne de la Comédie française,
au milieu de colonnes romaines, statues, escaliers et
rideaux gigantesques, sous un écran géant. Théâtral !
Du
Hallyday tout craché. Johnny, beau comme un dieu grec. Il
est là, le monument de la chanson française, sur son piédestal,
suant déjà à grosses gouttes au bout de quelques minutes.
« Quoi ma gueule, qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? »
Au micro, à la guitare, il entonne « Le bon temps du
rock n'roll », « Eh, Jo », « Les portes du pénitencier
»…
Johnny, c'est la France. Alors, il parle simplement à son
public : « Quel plaisir d'être avec vous ! Vous chantez
bien, cela me donne l'impression de participer à votre fête
! », s'amuse-t-il. Dans la salle, ses 9.500 fans apprécient.
Entre deux airs, il boit un coup et jette sa bouteille dans
les premiers rangs. Jadis, c'était sa chemine. Et il
reprend ses titres d'anthologie jusqu'à l'apothéose
finale. Oui, à Johnny, il lui faudra un Panthéon à lui
tout seul !
On
le surnomme « Johnny » ou « Rocky ».
Lucien Hénaux, 47 ans, de Tours, était au premier rang,
hier soir au Grand Hall, avec toute la panoplie Hallyday, de
la casquette aux bottes, ceinturon, tee-shirt… Ce cariste
en intérim se passionne pour Johnny depuis 1971 : « Je
suis dans son fan-club. J'ai vu plus de cent concerts de
lui, à Las Vegas, et partout en France. » Son meilleur
souvenir ? « Le concert de la Tour Eiffel, en 2000. »
Son tube préféré ? « La musique que j'aime »,
qu'il a d'ailleurs en sonnerie sur son portable. Pour lui,
Johnny Hallyday « est un phénomène. A 63 ans, il
vieillit bien. On n'est pas à sa hauteur. Le jour où il va
mourir, ce sera un deuil national ». Lucien possède
toute la discographie de son héros. « Je serais encore
là pour son deuxième concert à Tours, le 5 février »,
annonce-t-il. Hier, il est arrivé dès 9 h à Rochepinard,
pour le concert à 20 h, mais il n'était pas le premier. Le
premier était un Nantais, qui a débarqué à 1 h du matin
! Suivi de près par Gérard Dubois, 61 ans, de Tavant, et
d'Alain Rousselet, de Monts, sur place dès 5 h. Alain, la
banane gominée, les lunettes noires, oui, un faux air de
Johnny : « J'ai une pièce qui lui est entièrement
consacrée, avec guitares, vêtements, badges, disques. Ma
femme n'a pas le droit d'y entrer ! Johnny, c'est un grand
monsieur. Je l'apprécie pour l'amour qu'il porte à son
public. L'amour et le respect. Il aime les gens. Et, plus il
vieillit, et plus il chante bien. »
Trois femmes d'un certain âge attendent, elles aussi,
l'ouverture des portes. Françoise, de Tours-Nord, a acheté
ses places il y a deux ans. Michèle, de Ballan, se souvient
d'avoir vu son idole la première fois en 1976, sous
chapiteau à Tours. « Son âge ? Je ne m'en occupe pas !
» Denise Perret, de Poitiers, 55 ans, l'a vu au Parc
des Princes, au Grand Stade, à La Rochelle, bref, neuf fois
déjà : « Je rêve de le toucher. J'aime tout de lui,
ses chansons, ses films, le personnage, comment il
s'habille, sa façon de marcher. Je vais le revoir à Angers
le 18 novembre… »
Le
public est venu de toute la région pour le concert d’hier
soir. Beaucoup de 50- 60 ans et autant de femmes que
d’hommes, dont beaucoup de l’âge de Johnny.
Lucien
Hénaux, de Tours, suit son idole depuis 1971 : « Les
places debout sont à 39 €. Ce n’est pas trop cher. »
Un
vrai pro, une bête de scène
Il
est 20 h, et Johnny se concentre dans sa loge. Il lit la NR,
la Une de l'édition de samedi, où il est en gros titre.
Jean-Claude Camus, son producteur, son « père » côté
coulisses, se plaint un peu des conditions de travail : «
Les loges ne sont pas isolées. Difficile de travailler dans
ces conditions. Quel brouhaha ! »
Camus, un grand du show-biz. Il poursuit : « Puis, cette
salle est excessivement chère ! On nous demande 13 % de la
recette, 51.000 € de location, sans compter les
prestations. Je suis arrivé fâché, mais le directeur a
bien voulu faire un petit geste. Je sais bien, la direction
a beaucoup de frais, pour enlever les gradins. Pourquoi
Tours n'a pas de Zénith ? »
La raison du succès de Johnny, selon lui ? « Il n'a
jamais trompé son public. Il s'amuse sur scène. Dommage,
on n'a pas pu tout monter son décor, ce soir à Tours,
faute de temps, de place. Johnny a 135 concerts dans cette
tournée, un million de spectateurs ! »
Justement, le voilà. « Ne me l'interviewez surtout pas
maintenant ! », prévient Jean-Claude Camus. Johnny
Hallyday, vêtu tel un torero, la barbe en collier, les yeux
très maquillés, le cheveu anthracite, des têtes de mort
gravées sur son gilet, accepte la photo « coulisses »
pour la NR : « Prenez votre temps, qu'elle soit bonne !
», lance-t-il au photographe, faisant le V de la
victoire avec ses doigts, comme au bon vieux temps des années
60. Il fend les derniers mètres qui le séparent de la scène.
Il enfile un manteau, se remonte le pantalon de façon très
masculine, d'une main sous la ceinture, et le voilà parti
à la rencontre de son public… MICHEL
SARDOU. Hier soir, Jean-Claude Camus annonçait avoir conclu
avec le Grand Hall la venue de Michel Sardou, le 29 novembre
2007. DEEP
PURPLE. En attendant, la venue du groupe Deep Purple est
annoncée au 17 mars prochain, informe Denis Schwok,
directeur du parc expo.
Johnny
Hallyday hier à 20 h 15, à la sortie de sa loge avant de
monter sur scène, fait le V de la victoire à l’adresse
du photographe NR, à qui il dit : « Prenez votre temps,
que la photo soit bonne ! »
JOHNNY. 3.500 places sont déjà vendues pour son retour
le 5 février. Hier, le record de Ben Harper a été battu.