"...Avec
Sylvie, nous ne voulons plus nous quitter. Je la connais
depuis des années. Je lui fais la cour depuis des mois. Je
l'ai soutenue quand elle est passée à l'Olympia après les
Beatles. Aujourd'hui elle est libre et je ne veux pas
laisser passer ma chance.
Sylvie, j'ai commencé à me battre pour elle. Dans les
concerts quand certains spectateurs lui lançaient des
projectiles. Dans les restaurants quand on nous insultait.
Un soir, dans un club, un type nous traite de tous les noms
d'oiseaux. Je ne bronche pas. Il se lève et me demande de
sortir pour que l'on s'explique « entre hommes ».
J'accepte le défi... Cinq minutes plus tard, le type en
sang se fait faire un certificat médical
lui octroyant quinze jours d'arrêt de travail, et me
poursuit en justice. Pour Sylvie je me suis très souvent
retrouvé devant les tribunaux. Je ne supportais pas qu'on
l'agresse ou qu'on lui manque de respect. Notre relation
amicale a mis des mois avant d'évoluer. Jusqu'au jour où
j'ai réalisé que je l'aimais comme je n'avais jamais aimé
aucune femme. Sans qu'il ne se soit rien passé entre nous.
Son absence m'était intolérable.
Un jour j'ai demandé à Jean-Jacques Debout - qui lui aussi
était amoureux d'elle - de lui céder sa place dans ma
tournée. Jean-Jacques a tout de suite compris la situation
et il lui fallut des mois pour s'en remettre. Avec Sylvie, j'ai découvert le clan
des Vartan. L'âme du clan c'est Néné, la maman de Sylvie,
qui me cuisine des moussakas extraordinaires. Au fil des
années, les Vartan deviendront ma seconde famille.
Professionnellement, Lee et Johnny Stark seront plus tard
les victimes de ma nouvelle
vie..."
En
septembre, j'emmène Sylvie en vacances à Acapulco.
Un mois plus tard, nous annonçons nos fiançailles sur
l'antenne d'Europe N° 1. Rue François-1er, Jeudi 15
octobre, en direct au journal de 13 heures d'Europe N° 1.
Le journaliste Jacques Paoli ouvre le feu :
- Quand on parle de vous, doit-on dire les copains Sylvie et
Johnny, ou autre chose ?
- Jusqu'à présent, on a dit qu'on était copains...
Maintenant on peut dire qu'on est presque fiancés.
- C'est une information ! Vous ne l'aviez jamais vraiment
avoué.
- C'est-à-dire qu'on ne nous en a pas tellement laissé le
temps.
- Sylvie, acceptez-vous Johnny pour fiancé ?
- Oui !
- Johnny, acceptez-vous Sylvie pour fiancée ?
- Bien sûr !
- La cause est entendue. Et ce n'est pas une invention de
journalistes...
Les
journalistes n'avaient pourtant pas attendu ce jour-là pour
publier les « fiançailles», même si pour des raisons «
diplomatiques» certains magazines entretenaient le doute.
« Les journaux et certains de leurs amis disaient : « Ils
vont se marier. » Du coup, les deux idoles faisaient autant
de malheureux
qu'ils avaient de fans. Mais notre reporter, qui vient de
mener avec eux la vie de tournée, rassure tous les garçons
et les filles : ils ne sont que deux copains... » Cet article est publié dans Paris-Match en mars 1963,
illustré d'une photo où Sylvie et moi faisons du cheval en
Camargue. La légende vaut son pesant de cacahuètes :
« Ils s'appellent Nounourse et Pouf Pouf. Ce sont surtout
deux enfants que tout amuse. Nounourse monte à cheval
depuis deux ans; Pouf Pouf, c'était la première fois, elle
est tombée à deux reprises, déchirant son pantalon
acheté 90 francs à Paris… »
Ouais, il
était vraiment temps d’officialiser les fiançailles…
L'article
paru dans S. L. C. N° 17 de décembre 1963 ICI
et la suite ICI.