Cinéma : "Le spécialiste".

« Je revenais d'Égypte où j'avais tourné un genre de James Bond avec des trafiquants d'armes, Les armes de la colère. Le film est resté inachevé parce que Ray Ventura, l’un des producteurs, avait dû perdre pendant le tournage de l'argent qu'il plaçait ailleurs... Après cette déception, le producteur Pierre Braunberger, dit Boum-Boum (producteur, entre autres, de Luis Bunuel), me propose de produire un film pour moi, je n’avais qu’à choisir. Je venais de voir un truc extraordinaire, Le Grand Silence, de Sergio Corbucci, avec Klaus Kinski et Jean-Louis Trintignant, qui joue un personnage muet. Un western dans la neige, vraiment très beau. Deux semaines plus tard,

Braunberger fait venir Corbucci à Paris, et c’est parti pour un nouveau western. Je me suis régalé. Jouer du pistolet avec un chapeau de cow-boy et un cheval, c’était un rêve de gosse. En plus, là, j'ai le droit de tuer et de partager le lit d'une femme ! Je devais même mourir à la fin, mais Braunberger n’a pas voulu. Du, coup, je suis blessé mais j’arrive à remonter sur mon cheval ! C'est aussi un film important parce que c'est la première fois que je ne chante pas. C'est vrai que mon jeu d'acteur est minimaliste, mais, de toute façon, dans les
westerns, il n'y a pas grand-chose à faire. Un regard et un cigarillo suffisent. J'ai conservé la paire de bottes que j’avais aux pieds dans le film. Il y a deux choses que je garde toujours après un tournage : ce que mon personnage porte le plus souvent et le clap de fin. Je les ai presque tous. Ils sont exposés sur les étagères de mon bureau. »