▪ Johnny
partout, un jury paraissant globalement content d'être là,
pas (encore) trop de monde dans les rues enneigées, et
quelques beaux films : à Gérardmer, le festival
Fantastic'Arts s'installe, jusqu’à dimanche soir dans ses
marques. ▪ « Ah que
Johnny...» semble décidément le cri de ralliement des
festivaliers de Fantastic'Arts, volontiers hurlé sur l'air
des lampions dans des rues battues alternativement par des
rafales de neige et de pluie : Gérardmer ne paraît vivre
depuis deux jours, dans sa dimension la plus médiatique,
qu'au rythme des déplacements de Johnny et, plus
accessoirement, de sa délicieuse Laetitia. On aura donc
donc eu droit, sur tous les registres possibles, à Johnny
sortant de l'hôtel X pour s'engouffrer dans une voiture du
festival, à Johnny sortant de la voiture pour se précipiter
dans le restaurant Y, à Johnny dans les salles de
Johnny
et Laetitia : partout à Gérardmer.
(Photo DNA / Yves Dieffenbacher)
projection
entouré des autres membres du Jury (auxquels du coup le
public ne prête bien sûr qu'un regard extrêmement
lointain), à Johnny buvant un coup (citron pressé à
l'eau, et tant pis pour les légendes) et à Johnny secouant
ses bottes sur le pas de la salle de conférences de presse
- mais imperturbablement entouré des trois athlètes en
blazer marine qui constituent en toutes circonstances sa
protection rapprochée. Une parano
planétaire ▪ Cela
dit, Fantastic'Arts a, dans ses franges en tous cas les plus
cinéphilitiques, fait plus ample connaissance hier avec un
jury globalement bien intéressant. Son président John
Landis a évoqué les grandes peurs millénaristes de l’Amérique
religieuse et affirmé, tout sourire : « La parano est
planétaire, et il me semble un peu tard pour alerter tout
le monde ». ▪ Robert
Englund, incarnation entre autres du magnifique Freddy, est
venu poser ici son profil d'oiseau rapace existentialiste,
et a fait part, comme Landis de son immense admiration pour La
Jetée de Chris Marker et Alphaville de Jean-Luc
Godard. Romane Bohringer, toujours un peu rêveuse. a
regretté que les cinéastes français se mêlent si peu de
ce genre notoirement impur qu'est le fantastique. Asia
Argento - la fille du maître Dario, qui l'a notamment mis
en scène dans un Fantôme de l'Opéra encore à découvrir
- a posé sur Gérardmer son regard sombre et sa moue
bouleversante. Jean Pierre Jeunet, qui affirme après l'épisode
de commande américain Alien 4, vouloir revenir à «
un cinéma plus artisanal », a néanmoins soutenu :
« Il y a une tradition française qui veut qu'on montre
toujours des couples en train de se déchirer dans une
cuisine… » - faisant passer un petit frisson de
satisfaction moderne et poujadiste sur les jeunes
journalistes présents. ▪ Quant à
l’imitateur Laurent Gerra, arrivé dans la journée après
tout le monde, il répondit très cordialement a un monsieur
qui voulait absolument le situer dans la schizophrénie : «
Ah oui, la schizophrénie, bonne idée, et puis il y a de
la matière, hein… » - ce qui était parfaitement de
circonstance. ▪ Mais le mot
de la fin, comme celui du début, revint ainsi qu’il se
doit à Johnny, très interloqué par un autre intervenant
courageux qui voulait absolument, nul ne comprit pourquoi,
que se tourne un film fantastique, et néanmoins
spirituellement ciblé, à Lourdes. « Avec Monica
Lewinski dans le rôle de la Vierge Marie... »,
grommela pince-sans-rire Jojo.