«
Dans 30 ans, on dira "Hallyday, c'était quelque
chose". C'est un monument. »
Rencontre
Toute
la musique qu'il aime...
… Fan de
la première heure, Jean-Claude Bader
cultive discrètement la ressemblance avec Johnny. Le
concert de dimanche est un événement pour celui qui
interprète avec talent le répertoire de la rock star française.
▪
Inutile de préciser que Jean-Claude Bader sera dans les
rangs du public de la Meinau dimanche soir. Il pourrait
difficilement en être autrement. « A onze ans, je
suis
tombé
dans la marmite Hallyday. j'habitais Erstein en 1961-62,
c'était l'époque des premières surprises-parties. On
écoutait les Chats Sauvages, les Chaussettes Noires.
J'ai été tout de suite ébloui par Johnny, il sortait du
lot par son charisme, une sacrée présence ! » ▪ Le restaurateur-conseiller municipal-chanteur,
même s'il arbore la barbiche et les mèches blondes à la
Johnny, n'est cependant pas devenu un « sosie »
fanatique exalté, fétichiste de tout ce que touche la
star. Jean-Claude Bader est un « admirateur ».
Fervent.
▪ « C'est le plus grand interprète qu'on ait
jamais eu. Il va en rester quelque chose de très fort, de
très puissant. Dans 30 ans, on dira "Hallyday,
c'était quelque chose". Il vivra bien longtemps après
qu'il aura fermé les yeux. C'est un monument. »
Quelque chose de « Tennessee
»
▪ Modestement. l'adjoint au tourisme de Fabienne
Keller marche sur les traces de l'idole. Six ou sept ans en
arrière, il commence à interpréter le répertoire de
Johnny grâce au karaoké. « Avec les bandes-son, j'ai
commencé à travailler, j'ai appris ce qu'était une
tonalité. »
▪ Vient ensuite « Tennessee », groupe musical dont
il prend la tête et le chant, soutenant honnêtement la
comparaison avec le
rocker. Son fils, plutôt doué pour la six cordes,
l’accompagne. Une section cuivre, des choristes et un
batteur (Marc Larguillier) les entourent. Tous des « pointures
» qui, pendant deux heures, revisitent avec talent le répertoire
de Johnny sur nombre de scènes de l'Est de la France.
▪ « Tennessee » aurait aimé partager à la Meinau
quelques minutes de spectacle du rocker. Lui « lancer un
défi » en quelque sorte. Qui sait ? « Il faut
avoir des rêves, sourit le chanteur restaurateur. Ce
serait quand même super si on pouvait chanter ensemble !
»
▪ Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois que la
star et son fan se seraient croisés. Depuis le premier
concert en 1965 au cinéma Ritz, quai Kellermann,
Jean-Claude Bader a vu l'artiste « monter en puissance
», tant dans l'interprétation que dans la démesure des
shows. Mais à l'en croire, son idole est restée simple,
bien que moins accessible. « rempart » de la
production oblige.
Au
resto, Johnny retient la nuit
▪ En 1979, Hallyday descend à l 'Holiday Inn, dont
Jean-Claude Bader était le responsable du restaurant. « J'ai
fait la causette dix minutes avec lui. On a beaucoup parlé
de l’opéra-rock Hamlet. J'étais rouge jusqu'aux
oreilles. »
▪ En 1982, la star promène son fan dans son bus aménagé
à travers les rues de Strasbourg. En 1993, nouvelle
rencontre à Gresswiller : l’Alsacien est chargé de préparer
le buffet donné une semaine avant un concert. Enfin, en
1998, c'est la consécration. Johnny vient dîner à « L'Arsenal
», rue de l'Abreuvoir à la Krutenau. Le restaurateur
Jean-Claude Bader sert du bon vin et Johnny fournit les
cigares aux clients. « Quand il est rentré, tout le
monde a applaudi. Ça s'est terminé à trois heures et
demie. II était adorable, sympa. »
▪ Depuis. des photos placardées ici et là témoignent
de cette rencontre chaleureuse. Jean-Claude Bader avait réalisé
ses deux rêves d'apprenti : posséder son restaurant et y
recevoir un jour Johnny Hallyday. La rock star s'en
souviendra sans doute dimanche soir avant le concert, lorsque
le maire et son adjoint viendront
le saluer.