Succès
sans précédent à l'Olympia, avec Sylvie Vartan en
première partie. Le show inclut Hey Joe, Les coups et
Jusqu'à minuit. Sur celui-ci, il improvise un blues qui met
son public en transe. Le show sera donné quarante-quatre
fois et ne sera pas précédé de la traditionnelle
avant-première au cinéma Cyrano de Versailles.
Dorénavant, la machine Hallyday est bien trop importante
pour qu'on puisse la faire rentrer sur les quatre planches
d'un petit cinéma de quartier : C'est la fin d'une
époque...
Pendant
que Johnny répète (modérément: il connaît son affaire
sur le bout des doigts) en tee-shirt blanc et costume noir,
au studio du premier étage de l'Olympia, Sylvie règle les
derniers détails sur la scène du music-hall. Lorsque le
couple arrive, en début d'après-midi, Johnny rejoignant
ses Blackburds et Sylvie retrouvant ses Krews, le tout petit
David est confié à la bande des copains. Ceux-là ont un
souvenir plutôt cuisant de ces après-midi style
"Trois hommes et un couffin", genre : "II
pleure. Tu crois qu'il a faim ?" Ou pire : "Tu
sais comment on fait pour changer un bébé ?"
Johnny
attaque fort commençant son interprétation de Les coups
depuis les coulisses. Puis il se projette vers la rampe en
dansant. Il est mince, longiligne. Il porte une vareuse gris
acier, avec double rangée de boutons étincelants qui
ferment l'étoffe sous son cou, style uniforme de l'armée
sudiste (ce qui est susceptible de changer au fil des jours
puisque le chanteur a un choix de dix-huit costumes dans sa
loge). Aux pieds, il a conservé l'option boots.
Ce
show sans temps mort est dansé de bout en bout, "comme
font les Noirs", notera, la presse. Le moment clé du
spectacle reste, cependant, ces Confessions qui
donnent toujours autant le frisson. "Y a-t-il une fille
qui veuille m'aimer ce soir ?..." La longue impro
débouche naturellement sur le tragique Je suis seul...
L'ancien garde du corps et ami de Johnny, Sacha Rhoul,
raconte cette anecdote. Un soir, voyant Johnny sortir de
scène le visage décomposé après avoir chanté Je suis
seul, il lui dit : "Qu'est-ce qui se passe, Johnny ?
Quelque chose ne va pas ? " Et Johnny de lui souffler,
avant de retourner sur scène : "Tu peux pas savoir,
Sacha. Je suis vraiment seul."
Il
a interprété :
Les coups
Maintenant ou jamais
La génération perdue
Si j'étais un charpentier
Je me suis lavé les mains dans une eau sale
La petite fille de l'hiver
Je veux te graver dans ma vie
Présentation
Cheveux longs idées courtes
Le pénitencier
Ne sois pas si stupide
Hey Joe
Jusqu'à minuit
Confessions
Je suis seul
Noir c'est noir
Je crois qu'il me rend fou (avec Sylvie Vartan).
Ils
l'ont accompagné :
L'orchestre : The Blackburds
Guitare solo, direction orchestrale : Micky Jones
Batterie, direction orchestrale : Tommy Brown
Trompette : Gilles Pellegrini
Piano, orgue : Raymond Donnez
Saxophone ténor, flûte : Gérard Pisani
Trombone : Luis Fuentes
Trompette, trombone : Pierre Ploquin
Trompette : Jacques Ploquin
Saxophone ténor, baryton, hautbois : Jean Tosan
Guitare
basse : Gérard Fournier (Papillon)
L'orchestre, n'est pas tapi, comme d'habitude, en fond de
scène, mais regroupé autour de lui, en demi-cercle, comme
s'il y avait de la corrida dans l'air.