Oh
! Ma jolie Sarah, Fils de personne et Il faut boire à la
source sont des hits que Johnny crée sur scène au Palais
des Sports, dans un show détonant. Johnny était sorti de
scène en 1969 en faisant le V de la victoire (et de la
paix) avec les doigts; il reparaît en pleine lumière, en
1971, avec la même gestuelle. De là à penser que ces deux
Palais des Sports sont raccords, il n'y a qu'un saut de puce
conceptuel... qu'il serait tout à fait périlleux
d'envisager. Car en fait, tout oppose ces deux shows
parisiens, parfaitement dissemblables...
Pour
le plaisir, Michel Polnareff a demandé à Johnny d'être le
pianiste de l'orchestre. Il n'a accepté ni rémunération
ni la mention de son nom sur les affiches. Johnny a refusé
cette proposition désintéressée qui l'a mis dans
l'embarras. Finalement, il a donné son feu vert. Polnareff
s'attire la curiosité des techniciens: il s'est mis à
visser deux rétroviseurs de camion, de chaque côté de son
piano, "pour voir le jeu de Johnny" (il faut dire
qu'il lui tourne le dos sur scène).
Il
a interprété :
Je suis né dans la rue
Fils de personne
Fille de la nuit
La fille aux cheveux clairs
Flagrant délit
Voyage aux pays des vivants
Mal
Que je t'aime
La loi
Essayez
Si tu pars la 1ère
Voyez ce que je veux dire
Il faut boire à la source
Oh! ma jolie Sarah
Medley :
- Jenny, Jenny
- Blue suede shoes
- Whole lotta shakin'goin'on
Ils
l'ont accompagné :
Batterie, direction orchestre : Tommy Brown
Orgue : Jean Marc Deuterre
Basse : Pat Donaldson
Guitare : Jean Pierre "Rolling" Azoulay
Guitare : Jerry Donahue
Trompettes :
- Jacques Ploquin
- Pierre Ploquin
- Guy Marco
Saxophone ténor, flûte : René Morizur
Trombone : Pierre Goasguen
Percussions : Sam Kelly
En
1958 (*) il est arrivé avec une grande guitare, on
l'appelait The king of the rock'n'roll, il était peigné
comme ça ...
(*)
J'ai entendu Johnny dire 1958 et j'ai lu que Johnny disait
1956... C'est curieux...
Vendredi
24 septembre 1971, 17h00. Ce premier rendez-vous démarre au
cœur de l'après-midi, dans un climat qui est loin
d'évoquer le « peace and love » californien récemment à
la mode. Le Palais est encerclé par des cars de CRS,
casqués et armés jusqu'aux dents. Depuis Mai 68, les
attroupements de casseurs ont le don d'exaspérer le
ministère de l'Intérieur qui
contrôle au plus près tout rassemblement.
À 22h30, alors que s'achève la première partie, Johnny
passe son costume et empoigne sa guitare en forme d'aile de
papillon.
À
23H03, il est sur scène : "Je m'appelle Jean-Philippe
Smet, Je suis né à Paris..." À la fin du show, le
public croit assister au scoop du siècle, lorsque Johnny
s'écroule en scène et qu'on demande s'il y a "un
docteur dans la salle". Mais, pour une fois, il s'agit
d'une ruse, empruntée aux bonimenteurs des spectacles de
rhythm'n'blues. Ramené en coulisses par une équipe de
"soigneurs", Johnny revient plus fort que jamais
et conclut ce medley rock'n'roll dont il a donné le coup
d'envoi tout à l'heure, en bondissant sur le piano de
Polnareff.