Il
fallait voir Johnny ce soir-là, cheveux collés par la pluie,
donnant des coups de pied dans les flaques...
Le
grand concert, le concert historique du Stade de France est
offert aux éconduits du 4, qui reviennent le vendredi
suivant, date supplémentaire, rendez-vous ultime avec le
même ennemi qui menace, la pluie. Il pleut des cordes.
Mais, cette fois, peu importe. L'équipe a passé la semaine
à protéger les équipements, à redoubler de vigilance, à
concevoir les protections. Johnny glisse, mais ne tombe pas,
même s'il s'en faut de peu, à deux ou trois reprises. La
pluie est si violente que les fils d'eau strient les
lumières des projecteurs, font briller les amplis et leurs
halos de cellophane. Mais Noir c'est noir sous
l'ondée, Requiem pour un fou sous la flotte, Cet
homme que voilà sous l'orage et Allumer Le feu
(quel paradoxe !) sous la bourrasque, c'est une épopée
qu'il fallait avoir vécue...
Johnny
a exigé de ses choristes et de ses musiciens qu'ils montent
avec lui à l'assaut, en bord de scène, trempés comme des
chiens errants. « Je suis né dans la rue par une nuit
d'orage », dit la chanson. Voilà, c'est fait, la partition
vient de trouver son clip.
Johnny
sort............ Il s'en va........ C'est
fini............