Le
Zénith est la rencontre de l'esprit Nashville qui hante le
show (et l'équipe) de bout en bout, avec une scène
nouvelle, décorée par Mc Connico, éclairée par
Rouveyrollis et, surtout, habitée par un Johnny Hallyday
décidé à aller (un peu trop ?) jusqu'au bout de ses
forces. Une telle conjonction d'éléments radicaux est
évidemment à hauts risques et les incidents se
multiplient. Les dernières mises au point (mises au poing,
en l'occurrence), se passent dans la fièvre. Johnny, qui a
pris du retard sur le tournage du film Détective, n'est pas
à prendre avec des pincettes. À J-1, le Zénith est encore
un immense chantier. Johnny tourne autour du gant géant qui
doit l'amener au-dessus des premiers rangs, puis le déposer
sur scène. « J'ai le vertige dans ce truc »,
répète-t-il. Il monte dans la main, en ressort, entre à
nouveau, ressort, bref, tente de s'habituer et de vaincre
son appréhension.
Prévue
pour le jeudi 25 octobre 1984, la première du spectacle est
repoussée de vingt-quatre heures in extremis. Des grèves
tournantes du personnel d'EDF ont fait capoter la dernière
répétition et font planer un risque sur la
représentation. La véritable générale du show a donc
lieu le vendredi 26. Johnny est sur les nerfs. Un
journaliste l'aperçoit de bien méchante humeur dans les
coulisses du Zénith. « Je ne veux plus voir personne.
Fermez les portes. Si quelqu'un passe, j'arrête
tout. » Interrogé sur la tension qui le ronge, il
s'explique : « Mon expérience me pousse à tout
changer tout le temps. À tout recommencer. À trembler pour
chaque spectacle. Je ne suis pas plus rodé que les
autres. »
Dans
l'équipe, c'est l'état de Johnny qui inquiète les
proches. Le mardi 8 janvier 1985, en état d'hypoglycémie,
Johnny Hallyday attaqueLe bon
temps du rock'n'roll, s'arrête, lâche son micro,
chancelle et s'écroule sur le plateau un peu après 23h30.
Devant le public médusé, les musiciens accourent et
Nathalie Baye surgit des coulisses.La
musique s'arrête, reprend, s'arrête... Le chanteur est
ramené dans sa loge où il retrouve vaguement ses esprits.
« Donnez-moi un médicament, j'y retourne ».
Refus sans appel du médecin du SAMU. Finalement, l'artiste
est évacué d'un Zénith soudain gris et glacial, direction
l'Hôpital Américain de Neuilly. Il ne reste plus qu'à
faire une annonce, dans une salle aux lumières rallumées,
devant un public debout et déconfit: « II a voulu
revenir. Mais il n'a pas pu. Vous avez vu. Johnny
Hallyday est tombé.
C'est
fini. »
Le
samedi 2 février 1985 est la vraie date de la dernière. On
y verra Sheila (qui s'installe dans la salle à la fin du
mois) entonner Mon p'tit loup, Eddy Mitchell rendre
hommage à Elvis Presley et Jean-Paul Belmondo danser le
rock, au milieu d'un lâcher de ballons qui explosent sur
des feux de Bengale. Mais c'est surtout un Hallyday
grandiose, habité par la rage de dominer coûte que coûte
ce spectacle éblouissant dont on garde le souvenir. Sa
revanche, le chanteur la dégustera chaque soir, à partir
du 16 février, lors d'une tournée de deux mois, elle aussi
romanesque et épuisante.
Les
photos de la dernière :
Il
a interprété :
L'introduction musicale du spectacle
Poing coeur
Je sais que tu ne peux pas trouver mieux ailleurs
Le pénitencier
J'ai oublié de vivre
La musique que j'aime
L'amour violent
Signes extérieurs de richesse
Ma gueule
Ne me quitte pas
Entre violence et violon
Quand un homme devient fou
Rien à personne
Ne tuez pas la liberté
Le coeur du rock'n'roll
Toi tais-toi
Drôle de métier
La garce
Hey Joe
J'aimerais pouvoir encore souffrir comme ça
Nashville blues
Gabrielle
Un medley :
- Je suis né dans la rue
- Elle est terrible
- La fille de l'été dernier
- Souvenirs souvenirs
- 37ème étage
- O Carole
- Johnny reviens
- Blue suede shoes
- Rien que huit jours
- Tutti frutti
Je me sens si seul
Excuse-moi partenaire
Le bon temps du rock'n'roll
Mon p'tit loup
Whole lotta shakin'goin'on
Ils
l'ont accompagné :
Guitare : Rocky, Mike Bazzani, Eric Bouad
Basse : Jimmy Gibson
Clavier : Nick Muir
Claviers, programmation synthétiseur, percussions : Jean
Louis Hennequin
Claviers et programmation synthétiseurs : Jean Mora
Batterie : Alain Weiss
Harmonica : Jean Louis Mongin
Violons : Evrard, Linares, Haudin, Pierre Louis
Cuivres : Fourquet, Courpet, Ramirez, Morizur