L'interrogatoire !

y a une chanson qui fait : « Mon petit loup, ça va faire mal ce soir... » C'est une adaptation de ”Peggy Sue Is Going Up Tonight” de Bob Seger, l'histoire de quatre mecs qui veulent monter un groupe. qu'ont pas le blé pour se payer les amplis, y vont voir le père d'un d'entre eux et...
J. –L.M. - Y a plus drôle comme histoire belge.
T.A. - Mais... dis donc... tu as une carte verte pour travailler en France ?
J.H. - Je suis Français. Je paye mes impôts en France ! J'ai eu la double nationalité jusqu'à dix-neuf ans, mais au moment du service militaire il a fallu que je choisisse. Sinon. J’aurais dû faire l'armée dans les deux pays.
J.-L.M. - Et ça, même un Belge ne le ferait pas.
T.A.- Date de naissance ?
J.H. - 15 juin 1943, dans une clinique rue Clauzel.
J.-L.M. - Paul Clauzel ?
J.H. -J'en sais rien...
T.A. - Taille?
J.H. - 1.85 m. 73 Kilos. Mais je peux varier de 67 à 80. J'ai le même problème qu'Eddy : quand je veux maigrir, j'arrête de picoler... Vous savez qu'un verre de whisky = un steak... Alors quand tu bois, disons, une bouteille par jour, tu comptes le nombre de verres et tu trouves le nombre de steaks. Ça fait comme si tu mangeais vingt steaks par jour !
J. –L.M. - Sans compter les frites.
T.A - Question calories c'est peut-être la même chose, mais pour le blanc des yeux, c'est sûrement moins bon.
J. –L.M. - Est-ce que l'astrologie t'intéresse autant que la diététique ?
J.H. – Moi, je suis Gémeaux... Et vous savez, les Gémeaux, ils ont une double personnalité. Par exemple, on se vexe facilement, on tape sur la gueule à quelqu'un et puis deux secondes après, on s'excuse... Y'a un truc qu'est sûr, c'est que les Gémeaux, y sont pas rancuniers. Je vous sers quelque chose : whisky, champagne ?
T.A. & J. –L.M. - De l'eau pour les impers !

 

 


         HALLYDAYCOLORÉ
T.A. - Les dents.
J.-L.M. - Sur trente-deux, il t'en reste combien ?
J.H. - Quinze d'origine. Y'en a cinq ou six qui sont parties dans un accident de moto, et le reste dans l'accident de voiture avec Sylvie. Alors il a bien fallu en mettre des fausses, parce que pour un rocker, chanter sans dents...
T.A. - Et ta couleur de cheveux, c'est la vraie ?
J.H. - Maintenant, c'est la vraie. Mais pendant quinze ans je me suis décoloré. Je voulais quelque chose de plus lumineux sur scène, alors on a commencé par faire quelques mèches, et puis tu accélères, tu exagères, tu te retrouves avec des cheveux qui tournent au jaune orange, carrément Tintin ! Eddy avait le même problème que moi, mais lui, il s'était teint en noir corbeau, comme Elvis. Vous savez qu'Elvis avait le même problème que nous ? J'ai des photos de lui où il était châtain avec des reflets roux. Le noir corbeau, c'est une idée du Colonel Parker...
J, -L.M. - Les yeux?
J.H. - J'ai de bons yeux bleus.
T.A. - A part tes dix-sept dents en porcelaine, t'as quoi comme signes particuliers ?
J.H. - Cinq balafres.
J. -L.M. - On t'écoute.
J.H. - Un jour, j'avais douze ans, j’étais dans la Traction Avant de Lee... Vous savez, à l'époque, les portières s'ouvraient à l'envers... et la mienne était mal fermée... A cent à l’heure, le vent s'est engouffré, j'ai été happé, j'ai roulé sur les gravillons. Heureusement, j'ai rien eu : je me suis ouvert que l'épaule. La cicatrice que j'ai dans le dos c'est une bagarre quand j'avais quatorze ans, une connerie. Un coup de lame, un coup de serpette d'un gars du Sacré-Cœur, une histoire de gonzesse... A la main droite, c'est un accident de patin à glace avec Long Chris en 62... Non, même pas, qu'est-ce que je dis : 59 ! Au pied gauche, c'est une brûlure, c'est quand je suis tombé de moto à 160 : mon pied s'est coincé contre le pot d'échappement,

 

ça a brûlé la botte et, quand on a relevé la bécane, la peau est restée collée. La cinquième cicatrice, c'est la hanche : vingt-cinq centimètres, trente-sept points de suture. Un coup de hache !
T.A. - Quelle boucherie, Bernard !
J.-L.M. - C'est quand tu t'es pris pour Mad Max au Palais des Sports ?
J.H. - Aux répétitions, j'ai oublié un mouvement et la hache m'a frappé la hanche, heureusement, elle n'était pas tranchante et ça ne m'a enlevé qu'un petit bout du fémur...
T.A. - C'est plus le Palais des Sports, c'est les Abattoirs de la Villette.
J.H. - J'avais de plus en plus mal et, pour pouvoir continuer mon spectacle, j'étais obligé de prendre des cachets contre la douleur... D'abord deux par jour, puis six, ensuite douze et, à la fin, douze plus les piqûres. Mon os était fendu, plus je bougeais sur scène, plus il s'effritait... Ça a duré comme ça un mois et demi à Paris, plus deux mois de tournée. C'est comme ça que mon arthrose a commencé. J'ai boité pendant un an avant qu'on m'opère. Chaque fois que je posais le pied par terre il me fallait un quart d'heure avant de pouvoir me tenir debout.
J.-L.M. - Toutes ces cicatrices, ça doit pas laisser beaucoup de place pour les tatouages !
J.H. - Moi, j'ai le même problème qu'Eddy : un tatouage, ça va me plaire pendant six mois et puis après, je voudrai l'enlever et je pourrai plus.
T.A. - Tu t'imagines avec « A Sylvie pour la vie » jusqu'à ta mort.
J. –L.M. - Les ongles.
J.H. - Je les ronge, mais pas souvent.
T.A. - D'autres maladies chroniques ?
J.H. - Oui, la maladie d'amûr ! Ha ! Ha ! Ha!
J.-L.M. - Et si, un jour, une bonne fée était prête à exaucer d'un coup de baguette magique ton vœu le plus cher...
T.A. - Tu changerais quoi dans ton corps ?
J.H. - Mon nez. Si j'avais le nez plus court, je ressemblerais vraiment à James Dean...
J.-L.M. - Nonobstant le fait qu’il soit long, il est, de plus, bossu.
J.H. - Ça, c'est l'accident de voiture avec Sylvie... Et comme j'ai attendu une semaine avant de le faire replacer, il s'est soudé sur le côté. Il a donc fallu le recasser pour le remettre en place.
T.A. - AIIo, la boucherie Sanzot ?
        HALLYDAYBUTS
J. -L.M. - Après tous ces charcutages, t'auras pas beaucoup de problèmes pour passer au lifting.