A
l'heure où dans la salle le moindre frémissement du rideau
affole déjà le public qui scande le nom de Johnny, à
l'heure où des superfans déploient
-
bien trop tôt - des banderoles
où l'on peut lire « Johnny, notre dieu », « C’est
toi le plus grand », tout est prêt sur la scène.
Le
programme s'ouvre sur deux morceaux d'orchestre, qui font
apprécier la richesse des arrangements et le swing des
musiciens dirigés par ces deux anglais extraordinaires que
sont Tommy Brown et Micky Jones, les « Blackburds »
Certains
jours on vit Lee Hallyday lui-même, vêtu en diable noir,
annoncer avec son accent inimitable le générique de la
soirée. Dès le second morceau, «
Promenade
dans les
forêts du Brabant », Long Chris intervient
en coulisses : c'est
lui qui, comme
dans le disque, joue le rôle fou du moulin à paroles. Peu
après, il se produit seul, devant le rideau, s'accompagnant
lui-même et donnant
«
Première
interview », « Hachisch »,«
Le Petit Soldat de plomb », «
Le
chat
revient » et « Lonesome traveller »
:
un
répertoire très intelligent, très
humoristique, qui sait trouver son public.
Suit
une séquence délicieusement anglaise de Micky et Tommie.
De leurs belles voix, qui leur vaudront sans doute d'être
les vedettes américaines ,de la rentrée de Johnny à
l'Olympia le 15 mars, ils chantent « Good time
music », « ln the crawd », « Where have all
the flowers gone »(avec un joli solo de flûte du maître Pisani)
et «
Wild thing ».
Noël
Deschamps
conclut cette première partie.
La
présence de Noël dans la troupe, que j'ignorais au départ,
fut pour moi une fort agréable surprise.
Fan
convaincu de ce chanteur assez méconnu (puisqu'il n'a pas
été jusqu'ici un grand
« vendeur» de disques), je pus plusieurs soirs
d'affilée assister aux «tabacs» qu'il obtint avec ses
sept chansons : «
Et
tout ira très bien », « Faut que j'y
pense », « Je suis comme je suis », « Tu n'y
peux plus rien », « On se moque de toi, laisse
dire »,« A six heures c'est fini » et ce titre qui
résume tout, « Ça va bien pour moi ».