Ah
! Vous m'attendiez à ce tournant ? Vous croyiez sans doute
que j'allais tenter de vous décrire l'indescriptible, de
vous traduire l'intraduisible, c'est-à-dire de vous
raconter ce qu'est le show de Johnny ? Pas question. Les
mots manquent pour dire de quels frissons, de quelles
émotions, de quelles joies, de quels cris libératoires est
fait ce dialogue du magicien avec ses fidèles. Sa voix
sûre, ses coups de gueule, ses sanglots, ses intentions
tendres ou violentes, ses rires et ses angoisses, Ses gags
et même... ses larmes, comment y résister ? Comment en
discourir calmement, quand on a vu frémir des foules
immenses sous l'effet de ces charmes ? De
la qualité vocale de ce tour épuisant, de la maîtrise
scénique qu'il montre et de l'art qu'il déploie à
fasciner une foule transportée, il n'y a rien à dire,
sinon qu'ils représentent la perfection dans le genre. Et
plutôt que de délirer sur l'incomparable rayonnement de ce
génie des planches, je préfère laisser délirer à ma
place cet autre maître du music-hall, cet autre grand
inspirateur de la chanson populaire française, cet autre
grand briseur de carcans, Charles Trenet.
Il a écrit : «
Johnny
Hallyday brille
au firmament des étoiles de première grandeur, mais il
est, je crois, le seul soleil de ce ciel encombré, le seul
qui éclaire les autres, le seul autour duquel tournent les
autres.»
A cela, je
ne vois rien à ajouter. Ou plutôt, si, une fois de plus:
« Johnny chante mieux
que jamais. »