Monaco.
Salle des Etoiles, sorte de Versailles du show-biz. Le chic
absolu avec une grosse touche de kitsch qui dégouline
par-dessus. Loin, si loin du « terrain vague derrière les
taudis » où il est né, Jean-Philippe Smet.
Ce soir - et Jusqu'à samedi -, Johnny a posé ses valises.
Devant un parterre d'un millier de couples surlookés issus
de la famille « stock options » et de simples fans qui se
sont mis sur leur 31 voire sur leur 32 tant le lieu les
impressionne pour se régaler d'un show comme on n'en voit
plus.
C'est qu'on peut le toucher ce soir, l'idole des jeunes.
Exit la minIature articulée qu'on aperçoit à peine sur scène
du fin fond de la pelouse du Stade de France. Ici, la star
est « Unplugged ». A portée d'amour. Et tout près de
toi, Johnny, tes fans se régalent.
Que tu aies attrapé un « Johnnysse » au berceau ou que tu
sois agnostique, tu finis debout sur ta chaise. Malgré toi.
A secouer ta serviette en rythme au-dessus
de ta tête.
Et ici, c'est un signe !
Tous ensemble hey !
Il est 23 heures, Johnny
allume le feu avec « Gabrielle ». Glisse un « Le Pénitencier
» qui plonge le Sporting dans des abîmes de nostalgie.
L’alchimie qu'on croyait impossible entre le Sportlng d'en
haut qui, au fond de la salle, n'a pu se payer qu'une conso,
et le Sporting d'en bas qui dîne grand veneur se fait. Plus
fort que les Beatles.
Nul
besoin comme Lennon d'éructer son légendaire et furibard
ultimatum à la face du public inerte d'un gala de charité
à Buckingham : « Que les gens du poulailler frappent
dans leurs mains. les richards des premiers rangs
contentez-vous de secouer vos diamants en cadence ».
Entre les tables dressées au cordeau, la « Croisière
s'amuse ».
Sur le pont, le capitaine Hallyday abolit les frontières
entre happy few et fans d'en bas. Réduit la fracture
sociale entre la famille Pastor au grand complet qui s'éclate
au premier rang et une bande de copains ardéchois qui a
dilapidé toutes ses économies pour suivre leur idole sur
toutes les scènes de France. « Ils ont acheté 84
billets chacun pour 84 des 122 concerts de la tournée. Là,
à Monaco, ils étaient à sec. Sans eux nous vivions peut-être
dans un monde où Johnny n'existerait pas. Ils seront donc
avec nous tous les soirs... On le leur devait bien. »
Entre un coup de fil de Marie Fugain qui lui raconte ses déboires,
la gestion de l'aller-retour express que Mister Smet devra
faire samedi pour être à l'heure dans le Lubéron aux épousailles
de Jean Réno - dont il sera avec Nicolas Sarkozy le témoin
-, Jean-Claude Camus vient de jouer au père Noël. Vieux
pote et producteur de Johnny depuis 20 ans, il est aux
anges. Ardéchois cœur fidèle, ses petits protégés
rock'n’rollent comme des damnés à deux pas de Laeticia.
« Jade, papa il t'aime »
Car Johnny au Sporting, c'est star à domicile. Madame
Hallyday pouponne. Un œil sur son chéri, l'autre sur la
petite Jade qui biberonne son lait chaud en gambadant entre
les Jambes des fans en transe. Scène de famille. Sous les
sunlights, Johnny en perd son masque de rockeur « Jade,
papa il t’aime », lâche-t-il entre deux tubes.
« C'est de la bombe »-, ose une robe de soirée bon
chic bon genre qui en a définitivement perdu tout sens des
bonnes manières. Et elle n'est pas la seule. Devant la scène,
une fan tend sa serviette à Johnny en sueur. Mais c'est un
« Saint Suaire rock'n’roll » qu'Hallyday lui rend après
s'y être abondamment essuyé. La course à la relique est
ouverte.
La transe en devient contagieuse.
Au point qu'Incorrigible Johnnyseptique, je me surprends à
hurler à l'unisson « la musique vivra. tant que vivra
le blues ». Presque à l'insu de mon plein gré. Comme
envoûté... A deux doigts de me retrouver comme les autres
à sautiller debout sur ma chaise... si un petit problème
quasi ménager ne m'avait toute la soirée effroyablement
turlupiné. Quoi ? Oh, rien de vital. Une histoire de
voiture. Arrivé à la bourre au volant de cette vieille
Golf avachie qui, les Jours de grand bricolage, me sert de
camionnette à gravats, le voiturier du Sporting m'avait
bien un peu taquiné. « Elle n’est pas pire que la
mienne ». Mais le parvis du Sporting alors était désert.
Nous étions seuls. Et j'avais oublié qu'une fois le
concert terminé, il faudrait aller récupérer à la queue
leu leu sa voiture. A qui la Ferrari ? A qui la Porsche
Cayenne ? A qui sa Roll's rutilante ? A qui la « poubelle
» que je n'aurais jamais dû prendre pour aller danser avec
Johnny au Sporting...
A
63 ans, le rocker français est une légende à lui tout
seul. Adulé par plusieurs générations, connu du monde
entier, il est capable de soulever des foules entières lors
de concerts prodigieux aux mises en scène toujours
spectaculaires. Johnny Hallyday est un artiste à part
entière auquel le cinéma fait de temps à autre les yeux
doux. Ce passionné de Harley Davidson a vécu son
adolescence dans le milieu artistique entre Londres et
Paris. Son premier 45 tours sort en 1960, et c’est le
début d’un succès extraordinaire. Idole des jeunes en
France pendant les années yé-yé, il rencontre Sylvie
Vartan, et aussi Ottis Redding et Jimmie Hendrix, ce dernier
étant à l’époque beaucoup moins connu que lui. Il n’y
a aucun temps mort dans la carrière de Johnny Hallyday qui
sait se fondre avec aisance dans les nouvelles tendances
musicales sans renoncer à son rock viscéral. Il n’y en a
pas non plus dans les concerts et les tournées, car le
chanteur est un amoureux inconditionnel de la scène. Il a
travaillé
avec
de nombreuses stars françaises comme Jean-Jacques Goldman
et Pascal Obispo, et il est attentif aux nouveaux styles
auxquels il n’hésite pas à apporter son soutien. Tous
ses concerts parfaitement scénographiés “mettent le feu”,
son tonus, son look et sa voix fascinent. Dans la Salle des
Etoiles qu’il connaît bien, ce sera mémorable. (Photos
Agence Angeli)
Dîner
spectacle 250€
RENSEIGNEMENTS
/ INFORMATIONS
Par
téléphone : 377 98 06 36 36 de 10h à 19h - 7 jours
/ 7
Terrasse
des Palmiers : Un bar en terrasse est à la
disposition des clients qui souhaiteraient prendre un
cocktail avant l'ouverture de la Salle des Etoiles
(dès 20h)
Service
: Voiturier
Tenue
: Tenue correcte exigée. Veste recommandée Smoking
pour les soirées de gala (Gala de la S.P.A, Gala de
la Croix Rouge monégasque)